Cette crise qui ridiculise l’analytique

 
Rien  vu venir, aucune visibilité, les chefs d’entreprise sont aujourd’hui parfaitement démunis face à la crise qui ravage désormais l’économie mondiale. Et ce, en dépit des splendides outils analytiques déployés à grand frais ces dernières années. Un procès en sorcellerie un peu facile, je vous l’accorde. Pourtant les chiffres dévoilés par les mages du Gartner lors du dernier sommet consacré à la Business Intelligence qui s’est tenu à La Haye fin janvier sont peu flatteurs. Notamment pour les DSI qui vont devoir passer la main aux directions métier.
Ouvrons le feu : D’ici à 2012 35% des 5000 plus grandes entreprises mondiales vont commettre régulièrement des erreurs dans leurs prises de décision en rapport aux changements majeurs de leur business et de leurs marchés. En gros, le tiers des plus grosses multinationales mondiales ne savent pas ce qu’elles font en ce moment… L’explication avancée par le Gartner ravira les commerciaux de SAP/BO ou d’IBM/Cognos : « En effet, la plupart des organisations ne disposent pas de l’information des processus et des outils nécessaires pour être informés et prendre les décisions en réactions, à cause d’un sous investissement dans les infrastructures de gestion de l’information et les outils business ». CQFD.
Seconde prédiction du mage Nigel Rayner : « En 2012, les Business Unit  auront mis la main sur 40% des budgets Business Intelligence des entreprises ». Messieurs les DSI merci de nous rendre les clefs du camion, vous nous avez suffisamment plantés comme ça. Dit d’une façon plus « Research Vice-President » ça donne : « Les utilisateurs métier ont perdu confiance dans leur capacité [les oraganisations IT] de fournir les informations qui leur sont nécessaire pour prendre des décisions… ». Pour prolonger son analyse, le mage souligne que ce glissement va faire les choix gras des éditeurs de solutions de CPM packagées, de marketing online et de solutions prédictives. Du coup le modèle Saas va tirer son épingle du jeu et dès 2010 20% des entreprises exploiteront des applications analytiques orientée métier en mode Saas. En 2012, le tiers des applications analytiques s’appuieront sur des applications mashup.
Enfin dès cette année devrait apparaître une nouvelle catégorie d’applications décisionnelles exploitant les réseaux sociaux dans la prise de décision collaborative. Cette vision, c’est le mage Kurt Schlegel, Research Vice President du Gartner qui l’a eu, probablement suite à un excès de Twitter : « Les logiciels sociaux permettent aux utilisateurs de tagger les suppositions faites lors d’un processus de prise de décision dans un framework BI ». Vous avez compris ? moi pas. Je ne dois pas être le seul dans cet état de confusion car notre analyste illustre sa pensée d’un exemple : « Par exemple lors de l’élaboration du budget marketing d’un nouveau produit, les utilisateurs peuvent tagger leurs suppositions quant aux ventes espérées sur ce nouveau produit à l’indicateur de performance (KPI) qui mesure les ventes du produit. La plate-forme BI pourra ensuite envoyer des alertes aux utilisateurs quand la KPI dépassera un seuil. Alors les décisionnaires sauront quant une supposition faite lors du processus de décision n’est pas vérifiée. Cette approche améliore de manière importante la valeur business de la BI parce qu’elle lie directement toutes les bonnes choses fournies par la plate-forme BI aux décisions prises par le business ». Le Web 2.0 va-t-il sauver la BI ?

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