Paradoxale cette dernière annonce d’Informatica. Le champion mondial de l’ETL, donc du batch, s’est peu à peu mué en chantre de l’intégration temps réel. Et l’éditeur embarque Datamonitor et Ovum dans son délire, études à l’appui. Ok, sur le papier, le temps réel c’est l’avenir. On imagine bien qu’une entreprise où toutes les données sont échangées en temps réel, où la BI dispose des informations permet de prendre les meilleures décisions sans délais va être réellement agile et capable de réagir en temps réel aux évolutions de ses marchés… Mais en dévoilant sa stratégie temps réel, alors même que le marché du CEP s’est crashé avant même d’avoir décollé, Informatica cultive un art certain du contretemps.

Que le leader du marché le veuille ou pas, l’ETL est en pleine banalisation. Les grands éditeurs ont tous à leur catalogue un ou plusieurs ETL performants. Allez donc voir chez Oracle ! Quant à l’Open Source, il est devenu carrément énervant depuis que des éditeurs sérieux, au premier rang desquels Talend, se sont penché sur le berceau des ETL.
Bref pour Informatica, très cher éditeur d’un ETL très cher, il faut porter le fer non plus sur l’ETL proprement dit mais au delà, disons le temps réel. Pas bête : avec SOA et BPM l’intégration en temps réel devient possible et la possibilité de nettoyer, consolider et distribuer les données en temps réel, lors de leur échange d’une brique à l’autre d’une architecture SOA permet d’envisager des applications analytiques temps réel et donc une agilité inédite pour nos entreprises…
Manque de chance, la grande dépression de 1929 2009 est passée par là et le marché des solutions de CEP (Complex Event Processing) qui s’était justement positionné pour répondre à ce besoin s’effondre comme un château de cartes. Coral8 a dû fusionner avec Aleri et selon Monash Research Progress software avec Apama semble à la peine de même que Streambase. Bref Informatica a sans nul doute raison sur le fond : la BI temps réel toutes les entreprises y viendront un jour. Reste que l’environnement économique ne se prête pas à des investissements moyens voire même long terme tels que ceux-ci et d’ailleurs Informatica devrait lire les études qu’il fournit. Celle de Data Monitor le montre : la priorité numéro 1 aujourd’hui des entreprises, c’est la réduction des coûts…

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