SAS a les réseaux sociaux dans le collimateur: Attention, danger !

Après 062009_loupela série des Experts Las Vegas, les Experts Miami et enfin les Experts New-York, bientôt les Experts… Facebook ? En mars dernier SAS Institute dévoilait une nouvelle solution venant compléter son offre SAS Fraud Framework, le composant Social Network Analysis, capable d’exploiter les réseaux sociaux pour traquer les fraudes. Un moyen de faire apparaître les connexions cachées entre personnes en exploitant les technologie de Text Mining appliqués aux réseaux sociaux. L’éditeur destine cette solution à trois marchés : les banquiers, les assureurs et… les gouvernements.
Si ce sont les fraudes aux assurances sociales, les délits d’entente sur appels d’offres et le financement des réseaux terroristes qui sont les applications possibles dans nos pays démocratiques, le rôle des réseaux sociaux dans les mouvements tels que les manifestations en Iran laisse craindre le pire sur une utilisation d’un tel outil par un état peu respectueux des droits de l’homme.
SAS Social Network Analysis est clairement positionné par son éditeur comme une solution anti-fraude. La banque l’installe sur son SI et la solution fait apparaître les liens cachés entre les comptes et les dossiers clients, croisant plusieurs sources de données, internes ou externes. L’ambition de SAS est de faire passer les systèmes anti-fraude du moteur de règles vers les réseaux neuronaux, et plus largement vers les algorithmes prédictifs. Un moyen, selon l’éditeur, de réduire les faux positifs.


Un réseau de relations reconstitué par Social Network Analysis, composant du SAS Fraud Framework.

Pour autant, que pourrait donner un tel outils si on le lance sur des données extraites de Facebook ou Twitter ? Interrogé par ComputerWeekly au moment du lancement du logiciel, Charles Randall directeur marketing des solutions de gestion du risque et de la performance de SAS Institute fanfaronnait alors : « Notre logiciel est capable de bien plus que d’inspecter Facebook en exploitant notre outil de Text Mining pour construire une image des relations sociales d’un utilisateur« . L’outil était alors présenté comme un outil destiné aux « enquêteurs » de disposer d’une image complète des clients, de leurs produits et de leurs réseaux d’un simple clic. On imagine que des applications autres vont certainement apparaître : du côté du marketing notamment. Le toujours très discret éditeur de Cary n’évoque pas cette application de sa technologie. On ne peut qu’espérer que nos démocraties fixeront des limites à cette exploitation des réseaux sociaux, mais qu’en sera-t-il dans des pays peu regardants en termes de libertés individuelles ou plus largement de droits de l’homme ?
Quant on voit qu’en Iran notamment, une révolution ça ce mène aussi sur les réseaux sociaux, on n’ose imaginer ce qu’un tel logiciel pourrait donner sur des données extraites de Twitter. Une simple recherche Twitter sur le tag #iranelection, par exemple, corrélée aux fichiers de log des FAI locaux pourrait délivrer une liste de noms d’activiste sans « faux positifs »… Heureusement, SAS n’a pour l’heure aucun bureau en Iran : L’éditeur s’est doté d’un code d’éthique et l’a publié fièrement sur son site Web. Dont acte. Il n’empêche qu’il a déjà ouvert trois bureaux en Chine… Ca fait froid dans le dos.

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