Pour
1,2 milliard de dollars cash IBM gobe SPSS, spécialiste du prédictif et plus largement du data mining. C’est (pour l’instant) l’événement de l’été. L’acquisition de SPSS par IBM a été la surprise du mois de juillet. Surprise oui mais sans l’être véritablement. La crise avait durement frappé les ventes de licence de l’éditeur :-17% au quatrième trimestre 2008, -12% au premier trimestre 2009, les chiffres pour le second trimestre ne seront finalement pas communiqués. Pire, le récent rebranding de ses gammes produit, lancé en plein crash boursier, s’est avéré peu opportun, en tout cas n’a pas entrainé de dynamique de sortie de crise pour SPSS. Le spécialiste quitte donc la scène la tête haute en se vendant à IBM pour un bon prix : 1,2 milliards de dollars, soit 50$ l’action (un cours que n’a jamais atteint SPSS dans son histoire). Pour ce dernier, l’acquisition est logique. Restent beaucoup de à éclaircir. Le géant affirme vouloir assurer la continuité des technologies SPSS. C’est bien « technologies » le mot employé et pas produits. Comment IBM va-t-il insérer les solutions SPSS dans IBM InfoSphere Warehouse ? Que va devenir DB2 Intelligent Miner ? IBM, va-t-il finir par imposer DB2 à tous les utilisateurs de Clementine ? Tout reste à écrire.

Le dernier carré magique publié en juin 2008 par le Gartner sur le Data Mining classait SPSS en tête du marché.
C’est donc officiel, le datamining devient un composant comme un autre de la plate-forme BI généraliste telles que l’entendent Microsoft, Oracle, et désormais IBM Cognos. Tiens ? Il manque un gros acteur à cette énumération SAP BusinessObjects. Les fonctions de data mining de BW semblent bien légères comparées à ce que peuvent déjà offrir Oracle, Microsoft et désormais IBM Cognos et manque de chance, SAP BusinessObjects Predictive Workbench est justement un OEM de SPSS Clementine…
Quelle pourrait être la solution pour le teuton ? SAS Institute reste intouchable et n’aurait de toute manière plus de sens aujourd’hui pour SAP. Vient bien évidemment derrière Kxen. Dès l’annonce de l’acquisition de SPSS par IBM, Roger Haddad fondateur et actuel PDG de Kxen annonçait par communiqué qu’une vente n’était pas envisagée pour l’instant et lançait une pique à son « nouveau » concurrent en précisant qu’il faudra 2 ans à IBM pour tirer les marrons du feu de cette acquisition. Et d’ajouter que les partenaires, intégrateurs et distributeurs de SPSS allait faire face à une période d’incertitude… qu’il ne manquera pas d’exploiter de manière agressive. Bref, SAP devra casser sa tirelire pour persuader Roger Haddad de changer de fusil d’épaule.
Restent les multiples éditeurs qui se sont multipliés ces dernières années sur ce terrain infini qu’est le prédictif. Beaucoup de spécialises avec des offres bâties pour répondre à un besoin précis, à un marché restreint. Par exemple SAP travaille déjà avec Vendavo pour proposer l’extension SAP Price and Margin Management. Est-ce suffisant pour SAP que de se contenter d’accords ponctuels avec le risque de voir ses partenaires partir chez l’adversaire à un moment ou à un autre ? Pas sûr. Reste la voie assez astucieuse suivie par Information Builders et exploiter la communauté Open Source « R »… pas vraiment dans les habitudes de la maison !








