Les Ils lancent une offre cloud, mais gare au retour de bâtonalliés lancent une plate-forme BI performante en mode cloud.
Une plate-forme décisionnelle complète allant de l’ETL (Talend), du data warehouse (Vertica) à la plate-forme BI proprement dite avec Jasper sans coût d’acquisition, sans serveurs à installer et facturée uniquement à l’usage, c’est dorénavant possible. Il y a quelques semaines l’annonce de la version 3.5 de la plate-forme Jaspersoft avait fait du cloud un argument technique en faveur de la plate-forme libre. Aujourd’hui Brian Gentile, président de Jaspersoft, va au bout du concept et propose donc une offre totalement cloud, facturée de 300 $ à 4000 $ par mois, selon la version (JasperServer Professional ou JasperAnalysis) et la puissance mobilisée par les instances. Enfin question prix, il y a là clairement un loup dans l’annonce et il va falloir manier de la règle à calcul pour savoir ce que coûte réellement cette offre de BI dans le cloud. Dommage, car avec un mode de tarification impossible à appréhender de manière simple l’argument prix tombe face au on-premise et alors que la BI en mode Saas connait les pires difficultés à s’imposer, la BI cloud suit la même voie.


Jaspersoft 3.5 est maintenant disponible dans le cloud.

Avant d’aborder l’aspect coût, les forces en présence. Jaspersoft 3.5, c’est la plate-forme décisionnelle Open Source sans doute la plus diffusée, devant Pentaho et SpagoBI. Leader du libre, celle-ci s’accompagne de la couche d’intégration de Talend. Vertica apporte quant à lui ma couche persistance de l’offre. Sa base analytique, comme son nom l’indique (Vertica Analytic Database) implémente un mode de stockage en colonne (vertical), une base moderne et performante que l’éditeur positionne sur des bench de plusieurs dizaines de To.
Pour exécuter ces logiciels, les serveurs du service EC2 d’Amazon. Un classique, à tel point que nos trois compères avaient déjà packagés leurs offres pour EC2. Alors quoi de neuf sous le soleil du mois d’août ? Que vient faire ce mystérieux RightScale dans l’annonce, c’est pas des gas de la BI eux ! He bien RightScale, c’est le bout de soft qui va vous permettre d’administrer cette infrastructure cloud. Avec leur outil en ligne on démarre et on arrêt les instances Jaspersoft ou Vertica, on démarre les instances de bases de données, on gère les droits sur cette architecture éclatée et distante. Techniquement, la vidéo de démonstration est plutôt intéressante, bien que très courte. On ne voit pas comment sont géré les droits des utilisateurs Jaspersoft dans Vertica et vice versa. Néanmoins RightScale c’est donc le ciment de l’offre et c’est plutôt bien vu.
Par contre ce qui l’est beaucoup moins, c’est la cohérence commerciale de l’offre. Techniquement, ça semble au point (enfin… à vérifier, une offre gratuite sur 30 jours va vous y aider), par contre côté commercial, c’est… n’importe quoi. Pas de guichet unique, pas de mode de calcul cohérent, il va falloir payer des carpes et des lapins à gauche et à droite. Je vous mets au défit de calculer un devis précis pour répondre à un appel d’offre en poussant cette offre cloud.


Templates proposés par la solution d'administration cloud de RightScale.

Côté Jaspersoft seul, c’est déjà compliqué puisqu’on fait le grand écart entre 300 $ par mois et 4000 $ par mois. Il faut choisir d’une part sur le volet fonctionnel entre JasperServer Professional ou JasperAnalysis. Ok, facile. Par contre, le prix est ensuite modulé par la puissance mobilisée par l’instance : small, large, extra large pour des instances « standard », mais aussi medium ou extra large sur des instances High CPU On-Demand… Il s’agit des paliers pratiqués par Amazon pour facturer EC2. Mais avec 5 niveaux de puissance, on en est à 10 niveaux de mensualité possibles… mais là où c’est le plus fort, c’est que cette mensualité n’inclut ni le data warehouse, ni l’intégration, ni l’administration RightScale et bien sûr pas les frais de location EC2 déjà un monument du billing à eux seuls ! Bref strictement aucun accord commercial entre nos compères. Les règles du casse tête sont posées. Vertica, par exemple facture fort logiquement au volume de données, RightScale facture à l’heure de serveur consommée, EC2 à l’heure et au trafic réseau… pas vraiment le meilleur moyen de créer un marché.

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