Acquisitions dans le décisionnel : à qui le tour ?

Les 10 fusions/acquisitions qui nous pendent au nez (ou pas !).

Un article publié par ComputerWorld cette semaine m’a plutôt amusé. Titré « Who’s next on the acquisition block? Bloggers chime in », celui-ci compile quelques billets de bloggeurs  relatifs aux acquisitions possibles. La prise de contrôle de Coremetrics par IBM a démontré qu’en la matière il nevaut mieux pas avoir d’œillères et que beaucoup de scénarios improbables peuvent finalement se véréfier. Parmi les prédateurs : Oracle bien sûr. Larry Ellison tourne entre 5 et 13 (!) acquisitions par an, pas de raison que ça cesse. Autre prétendant de choix : HP qui vend du PC à tours de bras en ce moment et multiplie les suppressions d’emploi. L’américain constitue en ce moment un trésor de guerre… qu’il va probablement utiliser. Voyons donc les scénarii envisagés par nos bloggeurs… et ce qui pourrait survenir dans notre secteur.

Les bloggeurs ont de l’imagination, c’est clair : IBM qui achète le cloud Amazon (Amazon Web Services), HP qui achète Teradata, Oracle qui se penche sur le cas EMC, Cisco qui mange McAfee, IBM encore qui s’empare de CA Technologies, beaucoup de ces scenarii semble crédibles à part peut être un Amazon qui se sépare d’Amazon Web Services… mais admettons. J’avoue que la grosse quote de ces prévisions reste une extrêmement improbable acquisition de RedHat par… Microsoft ! Novell, pourquoi pas, mais RedHat… voila qui est plutôt « challenging ».

A moi de m’y coller, voici les acquisitions probables ou hautement spéculatives auxquelles j’ai pensé. N’hésitez pas à les contester, à les railler… et à proposer les vôtres : plus on est de fous, plus on rit !

  • HP / SAS Institute : Quoi qu’il en dise, avec Neoview HP n’est qu’un acteur de niche dans la BI. Il serait temps d’aller au charbon. La forteresse SAS ne restera pas imprenable ad vitam aeternam… C’est très spéculatif, je l’admets !
  • HP / Qliktech : Si Jim Goodnight, le propriétaire de SAS se refuse à HP (ou à un autre), HP pourrait se consoler auprès de Qliktech. Ce dernier prépare son introduction en bourse… tout devient possible,
  • SAP / Teradata : c’est une vieille rumeur qui va et vient depuis des années. Si Oracle cartonne commercialement avec son Exadata, SAP pourrait suivre…
  • RedHat / Talend : RedHat s’affirme comme le leader mondial de l’Open Source et doit compléter sa plate-forme sur le plan intégration : Talend est le candidat idéal,
  • Redhat / Jaspersoft : RedHat devra monter un jour dans les couches applicatives. La BI pourquoi pas ? et Jaspersoft qui gesticule beaucoup en ce moment pourrait bien être la proie idéale,
  • MicroStrategy / KXEN : ces deux là, je les vois toujours ensemble ! Si c’est pas la culture maison de MicroStrategy de réaliser des acquisitions, celle-ci aurait beaucoup de sens,
  • Infor / MicroStrategy : MicroStrategy est la dernière plate-forme BI non Open Source qui reste indépendante. Infor, éditeur d’ERP et champion du CPM, est un grand habitué des acquisitions…
  • Google / GoodData : Google s’est lancé dans le prédictif il y a peu, pourquoi pas une plate-forme BI en mode Saas ?
  • Dassault Systèmes / BIME : Après BlueKiwi, Exalead, Dassault Systèmes veut sauver l’informatique française à lui seul : je lui propose BIME ! ;-)
  • Oracle / ? : Oracle va réaliser plusieurs acquisitions d’ici à la fin de l’année, c’est certain. Pour ce qui est de la BI, j’ai un peu de mal à voir ce qui manque à Oracle et ce sur quoi ils peuvent accélérer leur développement avec une acquisition… faites vos jeux !

L’article de ComputerWorld : « Who’s next on the acquisition block? Bloggers chime in »

Pour la bonne bouche, la page Wikipedia dédiée aux acquisitions d’Oracle : «List of Acquisitions by Oracle »

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3 réponses à Acquisitions dans le décisionnel : à qui le tour ?

  1. Le jeu est amusant (même si l’actualité autour de Sun montre que les fusions acquisitions sont des opérations dont les effets peuvent être douloureux pour les clients, salariés voire pour les acquéreurs), et risqué (car dans ces histoires tout dépend finalement de la volonté de la proie potentielle de s’échapper ou de se laisser apprivoiser).

    A mon sens, si HP entrait sur le marché des applications de gestion, il leur faudrait frapper un grand coup : donc soit une série d’acquisitions pour contrer IBM sur un territoire voisin (par exemple, parmi Teradata, Microstrategy, Tibco, Information Builders, Software AG, Informatica), soit un très gros coup, pourquoi pas SAP ? D’autres entrées fracassantes, du côté de Google, Cisco, EMC VMware pourraient aussi prendre le marché de cours. Et il y a aussi Microsoft : vont ils se contenter d’être certes plutôt bien placés mais en général à côté du podium sur le marché des applis de gestion ?

    Un rachat de Qliktech par HP me semble peu probable. Par contre Qliktech pourrait intéresser Oracle : je ne partage en effet pas l’avis d’un Oracle qui a tout ce qu’il faut en BI. Un technologie colonne et/ou mémoire lui manque et je n’ai pas l’impression que cela soit la trajectoire pour Essbase. Oracle pourrait aussi s’intéresser à Informatica, puisque son offre d’information management parait encore perfectible

    Teradata devrait aussi grandement intéresser IBM me semble-t-il. A l’inverse, il serait logique que Teradata s’intéresse à Microstrategy, maintenant que la ligne rouge entre outils de restitution et base de données a été franchie par quasiment tous les éditeurs de front-end BI hormis justement Microstrategy.

    Par contre je ne vois pas l’intérêt d’un rachat de Teradata par SAP maintenant qu’ils ont Sybase. SAP aurait par contre tout intérêt à se renforcer du côté du middleware et de l’information management : Tibco (qui en plus aménerait aussi Spotfire), Software AG, Informatica, Information Builders ou des acteurs plus petits mais en vue sur le sujet comme Composite Software ou Denodo.

    Je partage l’analyse sur l’Open Source : Red Hat pourrait se renforcer sur les couches applicatives (Pentaho, Jaspersoft pour parler BI), information Management ou il a déjà Metamatrix (Talend ?) et aussi bases de données (Ingres). Du côté du Saas, Salesforce.com pourrait s’intéresser à Informatica ou à Boomi, puisque l’intégration est un des maillons faible du SaaS, et qu’IBM vient de déclarer ses ambitions sur le sujet avec le rachat de Cast Iron.

    Il ne faut pas oublier IBM, car finalement c’est peut être lui qui fait le plus d’acquisitions dans les marchés Performance Management, BI et EPM. IBM gagnerait sans doute à améliorer sa partie end user (Pourquoi pas Tableau par exemple), sa composante EPM (Clarity, Acorn pour l’Activity Base Costing), voire le moteur analytique pour tous (même si TM1 semble évoluer dans cette direction). Par ailleurs, IBM a fait trois acquisitions dans le MDM pour des produits en recoupements les uns des autres, et il ne serait pas étonnant de voir le même phénomène en BI, ou IBM est en excellente position, mais pas leader.

    Enfin, je pense que les plates formes BI (Qliktech, Microstrategy…) auraient tout intérêt à remonter la chaine de gestion de l’information. Les métiers veulent un rôle de plus en plus actif dans la gestion des données au sens large, et veulent notamment faire par elles même faire du « mash-ups de données » de sources différentes. Quelques jeunes pousses, les plus connues étant Composite et Denodo, font parler d’elles sur ce marché. Il reste aussi quelques pure players sur le MDM comme Kalido ou Orchestra Network qui pourraient attiser les convoitises d’éditeurs de BI pour le premier, et d’éditeurs comme Software AG ou même SAP pour le second.

  2. Patrick dit :

    J’adore ce post !

    Aux petits jeux des prédictions et des manipulations de boules de cristal, il y a sans aucun doute de nombreux autres opérations possible (par exemple, la rumeur récurrente de Hp sur Informatica). Un immense tableau croisé multi-entrées ne tiendrait sans doute pas sur un écran 1200*1800, c’est peu dire. Il reste cependant à évaluer les modes de financement de ces acquisitions : certaines sociétés ont des ressources (la plupart de celles citées dans cet article), d’autre n’auront que des échanges d’actions.

    Des absents de cette liste initiale : Microsoft, reviendront-ils à la charge sur Yahoo, feront-ils l’offre de l’année sur Sap ? Les réseaux sociaux et collatéraux (Facebook, Twitter), gourmands de datas, et suffisamment valorisables aux yeux des Vc pour lever des millions pour une acquisition.

    Sur la possibilité JasperSoft/RedHat, c’est écrit d’avance : JS construit une marque pour RH, rien de plus. Reste à boucler la valorisation (Rh a mis 3 millions de Usd lors du dernier tour de table, c’est public), pour une société qui a déjà englouti plus de 60 millions Usd … à rembourser/valoriser, compte tenu des charges de structure et des intérêts, on arrive à un prix de 200 millions Usd minimum (je tiens la formule de calcul à disposition au besoin). Il y en a donc qui vont y perdre des plumes. Le complément Talend par Redhat serait plus aventureux pour Rh, mais aurait un sens compte tenu du fait que JS-Etl n’est autre qu’une sous version de Talend. Au final, sur Rh, beaucoup de potentiel, mais l’applicatif, c’est un autre métier que l’infrastructure

    Enfin, il est à noté que l’article n’emploie pas les mots « proie » et « prédateurs » … comme quoi certaines choses évoluent.

    Bonne fête des pères aux heureux papa !

    Patrick

  3. sroux dit :

    « Un technologie colonne et/ou mémoire lui manque et je n’ai pas l’impression que cela soit la trajectoire pour Essbase. »
    Essbase possède déjà depuis la v7 une typologie de stockage inmemory (cubes ASO). Avec les versions il est même possible de saisir des données en direct et pourquoi pas effectuer des allocations plus complexes (cf v. 11.1.2).

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