Rencontre avec le vice président Europe de Jaspersoft.
L’éditeur de la plate-forme BI Open Source Jaspersoft publiait il ya quelques jours un communiqué triomphateur se proclamant leader du marché de la BI. Fort de ses 11 millions de téléchargements, l’américain conteste donc ce titre de leader de la BI à Pentaho, dans la plus grande tradition du marketing américain. Bien sûr, ni l’un ni l’autre ne publient leur chiffre d’affaire…
LeGrandBI a donc rencontré Tom Cahill, patron de Jaspersoft pour Europe pour lui demander quelques explications et pour faire le point sur la stratégie de l’éditeur.
Jaspersoft se revendique le leader de la BI Open Source. Quelques chiffres ?
Le marché considère Jasper comme le leader de la BI et pas seulement Open Source. Dans plus de 160.000 projets en déploiement et en production Jaspersoft est inclut. Quand vous le comparez à Crystal qui dispose du plus grand nombre de déploiement de reporting, ils ont à peu près 60.000 à 70.000 installations en production. Jasper dispose de 160.000 installations dont la moitié ont été réalisé par des éditeurs, dans leurs applications commerciales. En vérité, Jaspersoft est installé dans des centaines de milliers d’entreprises.
Sur ce nombre d’installations supposées, quelle part souscrit effectivement un contrat de support ?

Tom Cahill, président Europe de Jaspersoft s'explique sur la stratégie de Jaspersoft sur le marché BI.
Ces chiffres portent sur la version communautaire, libre. Parmi eux, nous avons entre 12.000 et 13.000 clients payants. Nous en avons 1.600 qui ont souscrit un contrat de support. C’est comme une pyramide, nous avons une base utilisateur très large, avec plus de 11 millions de téléchargements. 160.000 ont fournis leurs coordonnées, 12.000 clients payants et 1.600 qui ont souscrit au support. A part les éditeurs de logiciel qui en Europe représentent 30 à 40% de nos clients, en seconde place figure le secteur finance, les telcos, les gouvernements.
Comment Jaspersoft fonctionne vis-à-vis de sa communauté ?
Nous sommes toujours à peu près une centaine de salariés. En Europe pour les opérations nous sommes 22 et nous avons une équipe d’ingénierie de 6/7 personnes. Nous avons un partenaire d’outsourcing en Ukraine avec une quarantaine d’ingénieurs.La plupart des développements sont réalisés par la communauté. C’est vrai qu’on a l’habitude de mener les développements : nos ingénieurs sont les plus actifs sur notre forge. Mais le nombre d’inscrits sur notre forge continue de croître. On a peu près 130.000 développeurs enregistrés. Quand j’ai commencé chez Jasper, il ya deux ans et demie, ils étaient 40.000. C’est très intéressant pour faire tester nos release candidates par un grand nombre de personnes en peu de temps. C’est un bon complément de notre méthode de développement agile.
On voit la couverture fonctionnelle des grandes plates-formes décisionnelles s’accroitre de plus en plus. Même soutenu par une communauté Open Source, un éditeur comme Jaspersoft peut-il suivre ?
On a vu IBM acquérir Cognos, puis SPSS. Il essaye de tout intégrer. A cette approche, nous nous préférons miser sur l’interopérabilité. C’est ce qui permet de nous concentrer sur la BI opérationnelle. C’est devenu de plus en plus sophistiqué avec tout ce qui concerne la visualisation des données, les graphiques, les fonctions d’analyses, les pivots, tout ce qui permet aux utilisateurs de prendre leurs décisions à partir de n’importe quelle source de données.
Pour nous il est beaucoup plus important d’avoir des API ouvertes, obtenir des certifications sur le plus de plates-formes possibles, standards ou propriétaires. Nous avons des partenariats stratégiques avec Talend, Ingres, Infobright, Vertica, Rightscale, etc.
Faut-il voir en Jaspersoft une solution de type départementale ?
La stratégie de Jaspersoft n’est pas de remplacer les grands acteurs du décisionnel. On a déjà trop à faire. La demande en France est incroyable. Nous avons réalisé au premier trimestre 130% de nos objectifs. Plutôt que de remplacer, Jaspersoft est une technologie complémentaire à celles de SAP/BO, ou celles de Microstrategy ou Cognos. Les coûts sont beaucoup plus bas, la flexibilité et l’utilisation en général du produit est beaucoup plus facile pour les utilisateurs.
Qui sont ces nouveaux clients de Jaspersoft ?
Il y a tout d’abord les utilisateurs de la version communautaire de Jaspersoft qui veulent s’abonner à la version communautaire. Il y a aussi des projets métier qui cherchent un outil décisionnel et qui comparent les technologies propriétaires et Open Source et qui nous choisissent parce qu’au niveau des fonctionnalités ça fonctionne déjà. Troisièmement, nous avons aussi des partenaires. Là on est tout au début de notre relation avec les partenaires et de la gestion de notre réseau. Jusqu’à présent nous travaillons avec des partenaires sur des opportunités uniques. Désormais notre stratégie de croissance passera par travailler beaucoup plus étroitement avec nos partenaires.
Sur quels plans améliorez-vous maintenant la plate-forme Jasper ?
Avec la version 3.5 nous offrons une solution de type in-memory. Avec la 3.7, nous avons fait des améliorations au niveau de la scalabilité, de l’évolutivité et de robustesse du produit. Mais surtout au niveau du Saas, Jasper était le premier vendeur de progiciel décisionnel à être multi-tenant. Nous avons cette expérience, avec des centaines de clients payants en Saas. Nous sommes sûrs de nous , sûr que cela fonctionne. Certains de nos concurrents ont récemment lancés leurs offres Saas, mais ils ne sont vraiment qu’à la version 0.1 du multi tenant.
Quelle est aujourd’hui votre approche du Cloud Computing ?
Le cloud est au cœur de notre stratégie. La plupart du temps nos logiciels sont intégrés dans des logiciels livrés sous forme de services. C’est peut-être du fait de nos racines. Ce sont vraiment des partenaires très différents qui, par partenariats, propose ces solutions Cloud. Nous avons une cinquantaine de partenaires proposant une offre cloud mais je ne crois pas qu’il y en ait un seul qui propose une offre de plate-forme BI complète en mode Saas.
C’est plus compliqué que pour une application CRM ou pour OpenBravo ERP par exemple. Ce sont des utilisateurs métiers, par exemple des comptables sur OpenBravo, et pas toute l’entreprise. La BI c’est plus compliqué car il y a le problème d’agréger des données du Data Warehouse, des fichiers Excel, des applications métiers. Se pose le problème de la latence et plus largement des SLA. Avoir un SLA global pour toutes les briques d’un système décisionnel sur le cloud, c’est presque impossible.









Bravo , pour l’interview . Bonne continuation .
C’est étonnant qu’il n’y ait aucune réaction à ce post, ou le titre est sans doute volontairement provocateur, voir narquois sur la position et le discours de Js ?
Est-ce que tous les lecteurs de ce blog sont encore sous le charme d’un discours marketing hautement et honteusement mensonger ? Ou bien alors, tout le monde est lassé par la mythomanie ambiante d’un éditeur qui n’existe plus que par son discours marketing ?
La vrai question pourrait être : comment ne pas réagir devant un tel déballage de mensonges sous couvert de marketing. Il faut nommer les discours et les attitudes par leur vrai nom, à un moment ou à un autre : sur ce coup, quand les limites sont dépassées, il n’y a plus de limites. Affabulation, Mensonge, mythomanie … je cherche le bon mot
Tout d’abord, je pense que l’interviewé de Js confond Js et Ireport … c’est révélateur de leur positionnement dans l’Open Source et de la récupération de projets. Pour avoir souffert d’un changement complet d’architecture de code entre IReport 3.0 et IReport 3.1, il est certain qu’on ne touche plus à cet outil, qui était pourtant il y a 2 ou 3 ans le moteur standard de rapport pour les développeurs java.
Ensuite, on tombe dans un délire de chiffre, non vérifiable puisque l’éditeur ne publie aucun chiffre vérifié par un quelconque organisme, et Js semble avoir des problèmes de comptabilité (avec les décimales) ou de vocabulaire :
- 160 000 projets en déploiement … des projets JS ? sérieux … heureusement que c’est complètement invérifiable. Mais bravo quand même ! Il faut archiver ce post, l’an prochain, ils seront sans doute à 300 000 projets.
- entre 12 000 et 13 000 clients payants … la fourchette est vaste, ne pas savoir le nombre de ses « clients » à 10% prêt, c’est inquiétant. Surtout si je suis un client, que j’ai payé, et que je suis dans les 1000 oubliés.
- Ensuite, 1600 clients sous support … donc, les 12 000 premiers, ce sont des clients payants gratuits sans support ? Là, j’aimerai une précision, on peut acheter quoi d’autre chez un éditeur Open Source ? Des licences perpétuelles … comme chez BO ou Cognos alors ?
… et même 1600 clients, pour une société créée en 2005, ça fait quasiment 2 clients par jour … mais bon, pourquoi pas …
Sur les développeurs, ça fait peur : avec 130 000 contributeurs, qui me garantit la qualité du code, et qui me garantit que le code injecté ne provient pas d’un autre logiciel, sous une autre licence. Heureusement qu’on comprend plus loin que la vision du « développeur contributeur », chez JS, ce sont juste des testeurs ! Bien vu !
… le reste de l’entretien, franchement … j’ai pas eu le courage ! J’espère simplement que je ne serai pas le seul à réagir sur ce post,
Patrick
Bien vu Patrick , en effet , un tas d’incohérences dans cette histoire.
Regardons ce qui fâche : le chiffre d’affaires de JasperSoft, les effectifs et leur évolution et la rentabilité. Remarquons au passage les levées de fonds auprès des capital risque pour combler quoi? Le manque auto-financement peut être? Pour une société née en 2001 , 10 ans ca devrait être rentable tout de même.
A simple titre de comparaison Actuate a mis plus de 25 millions $ en BIRT + 5 rachats dans la même période totalisant plus de 40 millions $ le tout sans aucune levée de fonds. Comme quoi y’en a qui sont hautement profitables sans se vanter sur tous les Gartner/Forrester et j’en passe.
Bonus : La seule explication du « client payant » c’est que le reste entre 1600 et 12000 ne payent plus. Quand on sait que le modèle open source est basé souvent sur une souscription annuelle il faudrait tirer quelle conclusion? Que les 10400 d’écart ont abandonné JasperSoft ?
LOL
Les levées de fonds, c’est pour construire la marque à grands coups de communication, comme dans le monde commercial. Sur un autre blog, le responsable Bi de Starbuck s’en ai pris à Pentaho « tout juste bon pour lui à faire du reporting » et à des outils comme QView ou Tableau « pas au niveau de Bo et Cognos ». Les clients finaux sont (ou seront) vite lassé du vaporware commercial.
Pour revenir sur Js, j’ai fais un tour sur leur site, et je suis tombé sur ce lien (page de garde) : http://www.jaspersoft.com/press/leading-analyst-firm-names-jaspersoft-highest-growth-vendor-business-intelligence-software-mar
J’ai relu l’article 3 fois : AUCUN CHIFFRE concernant JS, alors que tout l’article tourne autour de leur formidable expansion. Avec l’aide du Gartner (dans l’article), ils fusionnent les chiffres d’évolution de la Bi en parlant de la progression de Js. RIDICULE. Dans d’autres domaines, on parlerait d’association de malfaiteurs ou d’escroquerie en bande organisée.
Sur les 12000 clients, une autre explication serait « 12 000 utilisateurs déclarés ». Quand RedHat reprendra Js (sans doute très bientôt), j’espère qu’ils seront conscient qu’ils n’achètent pas 12000 clients heureux, mais quelques dizaines de sites plus ou moins en test … ou en production pour du « reporting pdf » (bref, pas de la Bi). On peut lancer les paris – avec ou sans poulpe – sur le montant de la reprise, ça sera sans doute « confidentiel »
Patrick