Retour sur une enquête édifiante menée dans 22 pays.
Joliment baptisée « Never catch a falling knife », une étude menée par KPMG auprès de 850 « Senior Business People » au niveau mondial, donc des utilisateurs hauts placés met les pieds dans le plat : plus de la moitié des projets décisionnels n’atteignent pas les objectifs des décideurs. Moins de 10% des entreprises interrogées sont parvenues à exploiter la BI pour améliorer leur organisation. La faute à l’informatique forcement ! Les deux tiers des décideurs affirment que les données dont ils disposent ne sont pas de bonne qualité et qu’ils n’en disposent pas à temps… Au final, 70% déclarent ne pas disposer de la bonne information pour prendre leurs décisions.
20 ans après la naissance de la BI, le constat est sévère. Alors à qui la faute ? L’informatique, incapable de déployer les outils et de répondre aux demandes métiers en temps et en heure, ou bien des organisations sclérosées et des décideurs qui pilotent à vue…
Problème informatique ou organisationnel ?
Si on en croit l’enquête KPMG « Never catch a falling knife » réalisée en 2009, le rapport des utilisateurs et des dirigeants à leurs outils décisionnels s’apparente à une guerre civile qui rappelle le Beyrouth de la pire époque. Le constat est accablant : la moitié des projets qui n’atteignent pas les objectifs attendus, Ok. Si on descend dans le détail, moins de la moitié des entreprises anglaises estime que le système d’EPM leur apporte une vision utile sur leur activité… 70% des projets de Balanced Scorecard ne génèrent pas de valeur car ils ne font que repackager des métriques existantes. Des chiffres plutôt surprenant : Les utilisateurs et leurs décideurs se sont amusés à casser du petit bois sur les outils qui ont été mis à leur disposition.
Faut-il pour autant montrer du doigt les informaticiens et les plates-formes devant un tel constat ? Le volet organisationnel semble particulièrement défaillant. Moins de 10% des entreprises ont simultanément fait évoluer leur organisation avec le déploiement de ces outils BI. Les trois quart des organisations restent fidèles à Excel pour leur gestion de la performance. Bouquet final : 95% des employés ne connaissent pas ou ne comprennent pas la stratégie de leur entreprise…
Si les analystes de KPMG soulignent qu’effectivement il est illusoire de compter sur des outils pour résoudre ce type de problème, que l’implication du personnel dans les projets décisionnels est capitale, ils n’en soulignent pas moins la complexité excessive des infrastructures informatiques… tout en ajoutant que celles-ci doivent être scalable, disponible H24, sûre et avec un cout de maintenance faible. En résumé, la quadrature du cercle.
Vous pouvez consulter gratuitement l’étude « Does your business intelligence tell you the whole story? » s’appuyant sur les chiffres de l’enquête. Décidemment, chez KPMG, on reste très en verve quant aux titres des études !









Je vais me faire l’avocat du diable qu’est l’informatique… et de mettre en valeur les remarques de la page 2 de l’étude.
« Change the focus from technical implementation, concentrating instead on the needs of the users and owners of information » : très vrai mais quand le besoin est « on veut tout avec des résultats en moins d’1 seconde… il est probable que la problématique devienne tout de suite technique !
« Change the process of gathering, measuring, and reporting information by creating an information architecture that delivers the right metrics » : la vérité en terme de métrique est souvent très très variable d’une personne à une autre surtout si elle est objectivée dessus !
« Change the funding, prioritizing data quality over technology. » : le mot important c’est prioritizing et pas data quality. Mais quand TOUT est important, il est difficile de trouver ces priorités justement.
Je suis loin de dire que l’informatique n’a pas sa part de responsabilité mais il faut être moins 2 (le métier et l’informatique) pour arriver à un tel désastre… et ne pas oublier les éditeurs de solution et les SSII qui ont certainement leur part.
PS : en tout cas merci pour cet article très intéressant
Je vais faire l’avocat du diable qu’est l’informatique. La page 2 de l’étude met en valeur des idées importantes.
« Change the focus from technical implementation, concentrating instead on the needs of the users and owners of information » : oui mais quand le besoin est « on veut tout et que les temps de réponse sont inférieur à 1 seconde », la problématique devient tout de suite technique !
« Change the process of gathering, measuring, and reporting information by creating an information architecture that delivers the right metrics » : et de remarquer que la « vrai » métrique peut être très différente d’une personne à une autre surtout si elle a ses objectifs dessus !
« Change the funding, prioritizing data quality over technology. » : le mot le plus important c’est prioritizing et non data quality… si TOUT est important, difficile de trouver ces priorités justement !
Je suis loin de dire que l’informatique n’a pas sa part de responsibilité mais il faut être au moins 2 (le métier et l’informatique) pour arriver à un tel désastre et gachis… et aussi peut être que les roadmaps « très claires » des éditeurs et les SSII ont très certainement aussi leur part.
PS : merci pour cet article très intéressant !