Teradata ne peut plus se reposer sur ses lauriers
Le spécialiste des systèmes de data warehouse est visiblement piqué au vif. Il y a d’une part les déclarations tonitruantes d’Oracle qui clame à qui veut l’entendre le succès d’Exadata. Greenplum, son ambitieux outsider, va trouver en EMC les moyens de ses ambitions. Idem pour un Sybase poussé par SAP. Et de fait en faisant l’acquisition de Xkoto (clustering) puis de la technologie de Kickfire, Teradata se met en mouvement.
Teradata voit les lignes bouger et s’agite beaucoup pour démontrer au marché qu’il n’est pas un équipementier ringard. Pour preuve, le document que vient de rédiger Ed White, VP du marketing produit. Intitulé « Dispelling the Myths », il y réfute les affirmations comme quoi Teradata n’est pas innovant, est cher et destiné uniquement aux grandes entreprises, etc. Sur son blog, Darryl McDonald, VP exécutif dédié au Business Development enfonce le clou et souligne que Teradata vient de réaliser son meilleur trimestre fiscal depuis sa création… et laisse filer que Teradata dispose en tout et pour tout que de 125 clients dans 20 pays (en plus de 30 ans d’activités).
De son côté Stephen Brobst, directeur technique de Teradata s’est livré au début de l’été au CTO Tour, une tournée des capitales européennes, à l’image d’une rock star. L’occasion pour expliquer aux grands clients européens de la marque les innovations à venir. A cette occasion, j’ai pu déjeuner avec lui, je vous livre la synthèse de notre discussion, entre la poire et le fromage.
Interview de Stephen Brobst, CTO de Teradata, réalisée lors de son passage à Paris, à l’occasion du CTO Tour Teradata.
On parle beaucoup du stockage en colonne (vertical) et son corollaire : le stockage en mémoire, le fameux « in-memory ». Faut-il y voir une révolution dans le monde du data warehouse ?
Nous disposons aussi du stockage vertical, d’une une simple option dans notre base de données et qui permet un partitionnement vertical. Cela dit, les solutions « in-memory » qui sont apparues sur le marché s’adressent essentiellement au niveau 1 et 2 de maturité des data warehouse, c’est-à-dire le reporting et l’analytique. Le « in-memory » doit faire face au problème de temps de chargement beaucoup plus long qu’un data warehouse classique. Je pense que nous pouvons atteindre des taux de compression meilleur encore sur les mémoires SSD.Aujourd’hui, où se positionnent les clients de Teradata dans cette échelle de maturité ?
Le niveau 1 correspond au reporting tel qu’on peut faire avec Crystal Report, le niveau 2, c’est l’analytique. Disons la plate-forme BO. Le niveau 3 correspond à des outils de type Kxen ou SPSS. C’est le prédictif. Au niveau 4on arrive dans des data warehouse mis à jour plusieurs fois par jour, proches du temps réel, avec du Complex Event Processing. Le stade 5 étant le temps réel. Le niveau de maturité des entreprises dépend énormément de leur secteur d’activité. Les banques sont majoritairement au niveau 3. Dans des secteurs où la concurrence est extrême, comme le retail, nos clients sont entre les niveaux 3 et 4.

Stephen Brobst, CTO de Teradata, au naturel.
Pour revenir au sujet des mémoires SSD, vous avez fait voici plusieurs mois des annonces à ce sujet. Certains concurrents vont ont devancés en proposant des SSD. Qu’en est-il de votre offre ?
Aux équipements purs SSD, je préfère une approche hybride où les SSD vont cohabiter avec les disques traditionnels. Attention, c’est quelque chose de différents d’un cache qui se trouve être plus adapté au transactionnel qu’à l’analytique. Ce que nous préparons, c’est un système de fichier absolument dynamique et automatique où les données vont être stockées en fonction de leur « température ». La donnée accédée le plus fréquemment sera stockée sur les puces mémoires en priorité. Notre but, c’est que la base de données fasse tout ce travail : la gestion de ces températures sera automatique en fonction de modèles (patterns).
Pourquoi ne pas avoir sorti d’offre plus tôt ?
Il ne faut pas anticiper la demande. Les SSD sont plus coûteuses que les disques mais les coûts sont en chute libre. On attend -40% d’ici à la fin de cette année, autant pour l’an prochain. Pour l’instant ce sont principalement les early adopters qui s’y intéressent aujourd’hui. Mais cet analytique temps réel que cela va permettre va être très intéressant pour le courtage, le scoring bancaires, pour l’industrie électronique par exemple.
Quels sont les nouveaux domaines et applications qui vont porter le marché du data warehouse à l’avenir ?
Je vois 2 choses qui vont faire exploser les volumes de données : les données de géolocalisation et les nouveaux média. On trouve des senseurs et des GPS partout, depuis les voitures au smarphone. La géolocalisation va générer de multiples nouvelles applications. D’autre par l’analyse des réseaux sociaux, d’ores et déjà pratiquée par les opérateurs de télécom pour détecteur le churn va entrainer forte une demande. On va faire de l’analyse de sentiment beaucoup plus sophistiquée, notamment travailler sur les données relatives aux communautés d’utilisateurs. C’est de données différentes à celle auxquelles nous sommes habituées, mais c’est du calcul basé sur les graphe. Tout cela, c’est très bon pour Teradata !
Un dernier point : Tout le monde de l’informatique se positionne aujourd’hui sur le Cloud Computing. Quelle est votre position sur ce sujet ? Selon vous y a-t-il une demande pour des services de Daas (Data warehouse as a service) de la part des entreprises ?
Le Cloud, c’est effectivement le buzzword du moment. Je ne crois pas en l’opportunité de service Daas sur Internet. Aucun de nos clients dans le monde financier par exemple n’acceptera de confier ses données à un tiers C’est trop risqué. Je crois beaucoup plus en le Cloud privé : c’est le moyen d’apporter de l’agilité au Data Warehouse en permettant un provisionning rapide. Par exemple je crois beaucoup à l’utilisation d’image VMware pour mettre en place des environnements de test.









