Les Experts : Décisionnel – Quand la BI mène l’enquête

Les brigades criminelles se dotent d’outils décisionnels.

Vous vous souvenez peut-être il y a quelques années une pub IBM pour le Digital Crimecenter de la Police de New York. Un aréopage de « cops » y vantait les vertus du système d’information flambant neuf monté par IBM. Un système informatique qui leur permettait de faire baisser le crime dans la ville de Sinatra. Attention, on ne parle pas d’applications policières spécialisées conçues pour la maison poulaga, mais bien des outils décisionnels et analytiques que les entreprises exploitent tous les jours.

Au-delà de ce projet phare, la BI est en effet de plus en plus exploitée dans le cadre des enquêtes policières. Petit état des lieux de la scène de crime.

La police en pince pour Qlikview

C’est ma rencontre avec Les Boonney, le n°5 de Qliktech, il y a quelques jours qui m’a donné l’idée de me pencher sur ce domaine assez peu médiatisé du décisionnel dans les enquêtes criminelles. Lors de notre entrevue, il m’a cité l’exemple de la police de Tel Aviv qui visiblement a adopté Qlikview pour développer, dans les quelques heures qui suivent un meurtre, une application décisionnelle. Celle-ci permet aux enquêteurs de rapprocher les différentes sources de données et dresser des listes de suspects.
L’expérience n’est pas unique. Rien que pour Qliktech, j’ai trouvé comme autres exemples ceux de la police britannique de Devon et Cornwall et puis cette histoire digne d’une série policière : la traque du serial killer de Malmö. 3.500 policiers impliqués, 50 analystes et environ 100 applications Qlikview développées pour analyser les données de 10 années de crimes dans le sud de la Suède. On n’imagine pas que dans un pays réputé calme, ça nous fait quand même 2 millions de rapport, soit 2 milliards d’entrées de base de données. Il aurait fallu 43 ans à un enquêteur pour analyser tous ces rapports…

Beaucoup de reporting, mais aussi de l’analytique et du Mining


Le reporting de la police de la Nouvelle Orleans.

Qliktech n’est pas le seul à s’être fait embarquer au commissariat. La police du Staffordshire avait fait le choix de Business Objects dès le début des années 2000. Même chose pour la police du Kent qui générait des tableaux de bord Business Objects en 2007. Par contre, j’ai trouvé peu de cas d’utilisation de plate-forme Open Source dans les forces de Police. Pourtant le manque chronique de budgets d’investissement dans le secteur public devrait le rendre plus particulièrement friand de solutions analytiques Open Source. On connait notamment l’activisme de la gendarmerie française pour l’Open Source, mais je n’ai rien trouvé de public en termes de Business Intelligence quez eux. Column Technologies a présenté lors de Jaspersoft 2011 le cas d’utilisation de la police de la Nouvelle Orléans. Principalement du reporting.
Autre cas intéressant, celui de la police d’Erlander. Américains pur-jus (c’est dans le Kentucky), le service de police de la ville à fait le choix du Newyorkais Information Builders pour sa solution de reporting WebFOCUS couplé au logiciel cartographique ArcIMS d’ESRI. Point important, j’y reviendrai, la capacité à réaliser des recherches dans les données structurées mais aussi non structurées qui sont légions dans ce type d’affaire.
Enfin, les tenants du Data Mining se sont naturellement fait une place dans les forces de police : feu SPSS est utilisé de longue date par la police de Richmond, celle de Memphis ou encore celle de Manchester.

 

La référence absolue : le Real Time Crime Center du NYPD

Les exemples sont donc nombreux, mais il faut bien admettre que le cas de la police de New-York reste le projet phare du secteur. Il faut dire qu’avec 11 millions de dollars de budget, on peut aller relativement loin dans ce que la BI peut offrir.

Jugez plutôt : Le Real Time Crime Center (RTCC) a été lancé en juillet 2005. L’infrastructure se divise en 3 : un data warehouse IBM DB2 Universal database sur lequel viennent se greffer des outils d’analyse et enfin le Data wall, centre névralgique du NYPD où bossent 40 enquêteurs sur leurs écrans. Le volet analytique qui nous intéresse le plus est effectivement significatif du besoin de ces utilisateurs bien particuliers (mais aussi de pas mal d’autres) : on trouve donc une plate-forme décisionnelle Cognos (7 à l’époque), là encore couplé à une solution carto : Mapinfo en l’occurrence. On est dans une solution temps réel : le tableau de bord du 911 affiche les données sur la carte de la ville, dès l’appel au numéro d’urgence. Au décisionnel IBM a adjoint son moteur de recherche Omnifind 8.2 pour faire des recherches dans les données textuelles et images des dossiers de plaintes.
Applications analytiques, data mining sur des données structurées et non structurées, la tendance va s’amplifier avec l’essor des échanges électroniques par mobiles, eMails et par relations sur les réseaux sociaux ne peut qu’amplifier ce besoin.

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2 réponses à Les Experts : Décisionnel – Quand la BI mène l’enquête

  1. Cogoobi dit :

    Notons que les experts, ceux de la série TV, en font depuis un moment … mais en font souvent un peu trop ^^ : http://www.cogoobi.com/blog/2008/12/19/les-experts-csi-font-du-decisionnel-a-la-tv/

  2. Dba Z dit :

    Entre l’amélioration des services de sécurité et le fait que finalement, ces systèmes nous connaitrons bientôt mieux que nous même, il est difficile de prendre partie non?

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