Forum Decideo 2011 : La révolte des utilisateurs

C’est dans le cadre pittoresque du siège de la Fédération Française de Foot que s’est tenu la semaine dernière la dixième édition du forum Decideo. L’ami Nieuwbourg portait fièrement les couleurs du Big Data et à animé cette manifestation où les utilisateurs occupent le haut de la scène, et les éditeurs sont relégués… à la buvette. C’est toujours intéressant de voir les entreprises exposer leurs vraies problématiques, souvent très loin de celle imaginées par les services marketing des fournisseurs. Cette année, des oreilles ont du siffler du côté de Walldorf, Armonk ou Redwood Shores puisque les utilisateurs présent ont été unanimes pour dénoncer les coûts d’administration et de gestion des grandes plates-formes décisionnelles, désormais totalement hors de propos par rapport aux préoccupations des métiers. Un grand coup de pied dans la fourmilière.

Les grands éditeurs sont-ils complètement à côté de la plaque ?

Voila qui nous change des conférences « utilisateurs » organisées par les grands éditeurs. Toutes les entreprises y sont ravies d’avoir installé les nouveaux logiciels tous nouveaux tous beaux, les performances sont « tremendous« , le ROI instantané, j’en passe et des meilleures.

Morgan Rochais, IMA, aux prises avec ses montées de version BO XI.

Morgan Rochais, IMA, aux prises avec ses montées de version BO XI.

Si les clients venus témoigner lors du forum Decideo y sont aussi allé de leur couplet sur la qualité des outils qu’ils ont choisis, ils ont aussi cassé pas mal de sucre sur les plates-formes décisionnelles classiques. Couteuses en frais de licence ce qui est un sérieux frein aux déploiement, couteuses aussi en ressources d’administration.

Exemple, Morgan Rochais, chef du pôle AMAO Décisionnel d’Inter Mutuelles Assistance, venu sur le forum pour présenter les intérêts des solutions d’administration de sa plate-forme Business Objects XI, solutions 360Suite éditées par GB and Smith… Gestion des licences, aides à la montée de version ,notamment pour définir les droits de ses 200 utilisateurs sur 65 univers. L’outil de montée de version vers XI fourni par SAP semant la panique dans les droits utilisateurs, il s’est tourné vers une solution éditeur pour tout remettre à plat.  Résultat : même outillé, la migration lui a couté un ETP sur 4 à 5 mois. Il a ainsi évoqué une conversation avec un commercial de SAP qui lui a dit qu’ils n’avaient pas à faire quoi que ce soit pour améliorer l’administration de la plate-forme BO puisque d’autres éditeurs proposent des outils très bien pour cela. Conclusion de l’intervention par Philippe Nieuwbourg : « L’avantage des gros outils, c’est qu’il faut les migrer tous les 5 ans et que ça occupe les services informatique« . Edifiant.

Business Objects n’est plus un éditeur français et ça a laissé des traces ; beaucoup se sont plaints de ne plus avoir accès aux dirigeants de l’éditeur pour leur faire remonter leurs petits (ou gros) bobos. Mais on n’avait encore rien vu.

 BiBOARD taille des croupières à SAP chez HP !?!

Yves Cabanac, HP

Yves Cabanac sonne la charge contre les couts de la plate-forme SAP/BO d'HP.

C’est Yves Cabanac, directeur EMEA des Sales Compensation ( le système de commissionnement des commerciaux) d’HP qui allait porter l’estocade. HP, c’est un gros, un très gros client Business Objects avec 100.000 utilisateurs. Pourtant quant il a été question de donner un reporting aux 10.000 commerciaux HP en Europe sur leur performance commerciale et de leur commissions à venir, Yves Cabanac ne s’est pas tourné vers SAP, mais vers un outsider : le grenoblois BiBoard… « HP a mis e place une infrastructure décisionnelle unique, avec un seul Data warehouse d’entreprise. On a mis 8 ans pour le construire. Mais j’ai eu un soucis : lorsque j’ai voulu donner aux commerciaux un moyen moderne d’accéder à leurs informations, je suis tombé sur un os. L’administration de cette plate-forme est un enfer, je suis incapable de financer cette infrastructure là, j’ai dit stop !« .

Les cout d’adminstration de ces soulutions « Entreprise » ne sont plus en adéquation avec ce que les métiers, en quête d’agilité mais aussi d’abaissement des coûts fixes, sont prêt à payer aujourd’hui pour leur infrastructure informatique. « Les coûts d’administration sont devenus insupportables  et quand on est dans le business, ces coûts là on ne veut plus les prendre. J’ai refusé« . Et ce mec gère un budget de 12M$ ! Résultat il s’est tourné vers une solution « light » capable de répondre dans les contraintes de budget et avec une solution qui peut monter en puissance. BiBoard a été déployé auprès des 10.000 commerciaux européen et va être élargés au niveau mondial avec 27.000 utilisateurs de plus à venir. « On espère que le prochain Business Objects sera français et que ce sera BiBoard ! » a-t-il conclut.

 

Article liés

Ce contenu a été publié dans Cas client, Humeur, avec comme mot(s)-clef(s) , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Une réponse à Forum Decideo 2011 : La révolte des utilisateurs

  1. william el kaim dit :

    Yves Cabana a proposé une piste intéressant pour réduire les couts de la BI: réduire au maximum les couts de formation en utilisant des outils qui « ressemblent » à Microsoft Office. Les objectifs sont clairs: rédurie les couts de formation et diffuser le plus possible l’outil.
    Car c’est bien la la révolution: la BI pour tous et non plus pour un groupe de nantis. Or les éditeurs comme SAP BO ou IBM Cognos continuent de proposer des couts à l’utilisateur qui empèchent la diffusion massive.
    Enfin, les budgets de BI departementaux sont revus à la baisse et trop investir dans des licenses et dans une administration couteuse, « ampute les performances opérationnelles ».
    Yves Cabanac a aussi insisté sur la capacité de la plateforme BI de supporter des mises à jour en temps réel (1 transaction par seconde), la sécurité de la plateforme et sa capacité à filtrer les données en fonction des utilisateurs (271 roles à gérer).

    La démocratisation de l’accès à la BI va chambouler complètement la hiérarchie des besoins. Il n’est pas normal de dépenser des sommes incroyables en migration de plateforme, décidé par un éditeur (migration vers BO XI ou de cognos 8 vers 10), sans apporter aucune valeur ajoutée au business.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*


*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>