2011, la rétrospective d’une année de Business Intelligence

Si vous avez passé toute l’année 2011 dans une capsule spatiale de retour de Saturne, voici ce que vous avez raté de l’actualité de notre monde de la Business Intelligence.

Il y a eu pas mal de changements cette année chez les fournisseurs, que ce soit des changements dans leur management, des changement de stratégies. Les géants de l’informatique, SAP, IBM, Microsoft et HP en tête ont assurés le spectacle, l’Open Source a répondu présent d’une année qui a vu la montée en puissance du BigData, de la mobilité etdu Cloud Computing dans les stratégies marketing et, pour une part, dans les préoccupations des DSI.

Je vous laisse déguster.

Janvier : veillée d’arme

L’année 2011 a commencée par une vague de transferts. Donald Farmer a ainsi quitté Microsoft pour Qliktech ou encore un ex-MySQL qui arrive au board de Jaspersoft. L’année 2011 allait s’avérer importante pour l’éditeur Open Source puisque ce dernier lançait en tout début d’année la version 4.0 de sa plate-forme.
Dès le 20 janvier HP apparaît dans l’actualité. La question, posée par LeMondeInformatique est alors : Les produits warehouse de Microsoft-HP signent-ils la fin de Neoview ? HP a en effet lancé HP Enterprise Data Warehouse pour SQL Server et il est alors légitime de s’interroger sur Neoview, la vieille base de données issue du NonStopSQL de Sequant… L’année 2011 sera celle de la montée en puissance des appliances comme on le verra dans les mois qui suivent.
Autre tendance marquante de 2011, c’est plus encore la mobilité. C’est Microstrategy qui allait se montrer le plus offensif sur ce plan. Dès janvier, l’éditeur américain annonçait la couleur : MicroStrategy ramps up its BI strategy for iPad, iPhone. On verra par la suite que cette offensive allait prendre parfois des formes surprenantes.
Autre fait marquant, la disparition formelle de la marque BusinessObject au profit de SAP. Alors que l’éditeur préparait le lancement de la dernière évolution de sa plate-forme 4.0, la marque française disparaît… de même que son club utilisateur, avalé par celui de SAP comme le souligne Philippe Nieuwbourg sur Decideo. Logique, évidemment, mais une page qui se tourne tout de même.

Février : HP part à l’assaut

14 février, la nouvelle tombe : HP réalise l’acquisition de Vertica. Ca y est, c’est enfin parti : HP va conquérir la planête décisionnelle, multiplier les acquisitions et se faire enfin un nom dans la Business Intelligence, l’analytique, le Big Data. On verra dans les mois qui suivront que cette offensive majeure fera pshitt… HP se contentant de la base de données et du moteur de recherche IDOL d’Autonomy. Au marketing de faire le grand écart pour faire le lien entre les deux et faire oublier tout ce qui manque encore à HP pour faire partie des grands de la BI.
En marge de cette géostratégie, SAP a fini par lancer BusinessObjects 4.0 plutôt discrètement. L’accueil est plutôt bon, sans toutefois soulever l’enthousiasme. La Business Intelligence entre peu à peu dans les moeurs et se fond un peu dans le décors. Avec une croissance estimée par Gartner à 9,7%, les éditeurs peuvent encore faire du gras parfois sur le dos de leurs utilisateurs, mais c’est un autre débat.

Mars: BI mobile, BigData et Social Networks, le trio gagnant 2011

Microstrategy cherche des relais de croissance dans la mobilité

Microstrategy cherche des relais de croissance dans la mobilité

Dès le mois de mars se dessinent les trois grosses tendances de l’année : SAS rejoint Microstrategy dans son offensive sur la BI mobile, le géant Teradata s’est mis en mouvement suite au rachat de Vertica par HP et a finalement mis la main sur Aster Data, c’est toujours ça de pris. IBM va d’ailleurs répliquer en tissant un partenariat avec Revolution Analytics pour positionner IBM Netezza comme une approche appliance du Big Data, façon Oracle. Enfin Adobe montre le bout de son nez dans le Social Media Analytics avec son offre Omniture, témoin que les petits outils artisanaux vont faire place à la grosse artillerie. Oracle a en outre dévoilé ses ambitions pour MySQL : torpiller SQL Server. Ma fois, c’est plutôt intelligent et préférable à un abandon pur et simple comme l’éditeur a fait pour Open Office, pour ne citer qu’un exemple. D’ailleurs, question abandon Oracle réservait une belle surprise à Intel et HP : fin mars, l’éditeur aujourd’hui constructeur (notamment du processeur SPARC) annonçait l’abandon du support d’Itaniumpour les prochaines versions de ses logiciels… voilà qui allait agiter la petite planète IT (et ses avocats) dans les mois qui suivirent.

Avril/Mai: De bons résultats financiers, mais à quel prix ?

Beaucoup pensent à un scénario de sortie de crise financière et les entreprises ont repris leurs investissements. Les gros éditeurs et SSII publient des résultats trimestriels plutôt bons: IBM, Capgemini, Micropole par exemple, se distinguent, on verra par la suit que la reprise allait être bien plus fragile que prévu etla fin d’année allait être beaucoup plus laborieuse… Un couac toutefois dans ce monde de bisounours : Forrester qui, une fois n’est pas coutume, saute à la gorge d’Oracle, accusant le géant de survendre ses soft à ses clients, juste histoire de gonfler ses résultats financiers et faire plaisir à ses investisseurs sur le dos de ses clients. Sans blague !
Teradata, qui s’est manifestement réveillé en début d’année, veut lui aussi des appliances prête à l’usage. Le géant orange s’est allié avec le New-Yorkais Information Builders pour paquager ses armoires avec le logiciel du second. Ça intéresse quelqu’un ?
A si encore une dernier chose en mai, l’annone de Greenplum sur EMC World 2011 : je veux mon Hadoop à moi ! De plus en plus Hadoop devient synonyme de BigData et tous les acteurs du décisionnel doivent avoir un morceaux d’Hadoop dans leur catalogue, histoire de ne pas être pris pour des has-been total.

juin/juillet/août: la compile de l’été

Le processeur synaptique d'IBM

Le processeur synaptique d'IBM qui va tout changer dans l'analytique... ou pas

Avec Watson, IBM tient sa vedette. Les exploits de cette machine lors du jeu télévisé Jeopardy! ont fait la une des médias. IBM espère bien tirer les marrons du feu. Son gros bébé est taillé pour répondra au marché du BigData, et IBM le fait savoir. L’ »intelligence » de Watson est alors vu comme le moyen ultime d’améliorer une business intelligence souvent perçue comme l’outil du passé, c’est à dire uniquement capable d’apporter des informations sur les données du passé et beaucoup moins comme celui capable d’aider à anticiper le futur. En juin ça bouge aussi du côté des ETL. Informatica ouvre sa plate-forme d’intégration aux médias sociaux, Talend porte le débat du côté du Cloud en y lançant son offre commerciale. Que le meilleur gagne.
Steve Ballmer aurait, une fois de plus, mieux fait de se taire. Dans une interview à InformationWeek, le gaffeur le plus puissant au monde a voulu assainer une leçon de BigData à IBM et Oracle. Bien vu, vieux. Quelques mois plus tard, Microsoft doit abandonner Dryad et se ranger à l’approche Hadoop comme ses petits camarades… mieux vaut en rire. Un point positif pour Microsoft quand même, son SQL Server est désormais la base de données la plus vendue au monde. Effectivement ça doit consoler n’importe quel PDG mais côté innovation on a vu mieux. Et c’est IBM qui va faire un joli coup de comm. pendant l’été en dévoilant ses processeurs a base de réseau neuronaux. Une informatique qui pense plus qu’elle ne calcule, voila qui laisse augurer de grandes choses dans le monde du décisionnel.

Septembre: Coup de tonnerre chez HP

Léo Apotheker, l'homme qui n'aimait pas les PC HP
Alors que l’activité reprenait petit à petit après la trêve estivale, la nouvelle tombait brutalement : Léo Apotheker débarqué ! Il avait voulu faire d’HP un IBM-bis, débarrassé de son activité PC, des gadgets façon tablettes et repositionné sur le soft et le service. C’était sans compter avec les caciques que la vénérable institution Hewlett-Packard. La division PSG (qui navigue à plus de 30 milliards de dollars le trimestre, tout de même) a eu sa peau, Meg Withman a promis garder les PC dans le cheptel d’HP et open sourcer WebOS. Quand à la Business Intelligence, nul ne sait si elle a la moindre idée de ce dont il s’agit.

Octobre: Oracle fait le show

Octobre, c’est traditionnellement le mois d’Oracle Open World. Cette année, les rumeurs ont été nombreuses avant le sacro-saint rendez-vous de San Francisco. Nouveau SPARC, Big Data, NoSQL, toutes ces rumeurs se sont avérées.. vraies. Mieux, Larry Ellison a ajouté une surprise du chef : un réseau social maison. Le marketing Oracle s’est surpassé en 2011, seule la mort de Steve Jobs, connue lors de la dernière keynote, pouvait réduire à néant tous ces efforts.
C’est Microsoft qui a ensuite tenté de reprendre le micro après le festival Oracle. Microsoft a annoncé son ralliement à Hadoop pour contrer l’annonce BigData d’Oracle. Une semaine plus tard, c’est SAP qui a voulu rappeler sa présence aux enterprises, annonçant la Cloudification de sa base in-memory HANA. 2 buzzwords dans une même annonce, bien joué ! Le plus drôle c’est que toute annonce sur HANA de SAP est contrecarrée par une annonce Sybase IQ… l’autre base in-memory de SAP à moins que Sybase ait racheté SAP et pas l’inverse, j’avoue que je ne suis plus très sûr !
Le mois d’octobre d’achevait pas l’acquisition du moteur de recherche Endeca par Oracle, réplique pour le moins sybilline à celle d’Autonomy par feu Léo Apotheker.

Novembre: au tour de SAP de répliquer

SAP lance son Cloud Store

SAP lance son Cloud Store

C’est à Madrid que SAP a choisi de tenir l’édition européenne de Sapphire. HANA était bien évidemment la star de cette édition 2011, SAP voyant sa base in-memory comme une alternative au datawarehouse classique. Toutefois SAP a ouvert bien d’autres voies d’innovation : l’européen va ouvrir son App Store, SAP voit en le mobile le terminal numéro 1 de ses nouvelles applications, SAP multiplie les applications verticales dans son offre Cloud Computing. Tout comme Oracle, SAP tire dans tous les sens en espérant bien que de cette façon il fera mouche.

Décembre: La reprise s’essoufle

L’année s’achève un peu comme elle a commencée. Jaspersoft sort une 4.5 de sa plate-forme lancée en début d’année, avec le support NoSQL en prime. EMC pousse son offre Greenplum sur le marché du BigData en faisant converger données structurées et non structurées.
Un hic toutefois du côté d’Oracle car si l’éditeur a réussi a maintenir le niveau de ses ventes de logiciel et surtout de sa maintenance en dépit de la crise, ce n’a pas été le cas de ses ventes de hardware. Celles-ci ont chuté de 14% au dernier trimestre. Le lancement du nouveau SPARC T4 se fait dans la douleur pour Oracle. Larry Ellison a toutefois souligné la bonne santé de ses appliances Exa-amchin chose. !on verra s’il parvient à redresser la barre ou si SPARC suivra en 2012 le même chemin qu’Itanium, c’est à dire le cimetière des technologies disparues.

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4 réponses à 2011, la rétrospective d’une année de Business Intelligence

  1. Jean-Marc dit :

    Et pendant que les gros se battent à coups d’annonces marketing, les petits (plus ou moins) innovent : YellowFin, Tableau, Qlikview, Digdash, Bime, Prelytis, …

  2. David dit :

    Merci beaucoup pour ce résumé à rebondissements :)

  3. Jonathan dit :

    Merci pour ce résumé qui me permet en quelques minutes d’avoir un bon résumé de l’activité BI 2011.
    Merci encore

  4. Luc Derosne dit :

    ainsi que la Solution Diver de Dimensional insight, et Ixias Software en France

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